Ancient nom : CAMP DU MARECHAL
(Extrait du rapport adressé en 1891 à Monsieur le Gouverneur général de l'Algérie au nom de la société de protection des Alsaciens Lorrains demeurés Français par M.GUYNEMER, ancien sous préfet de Severne, Vice Président de la société, président de la Commission de colonisation.
Le 25 juillet 1845, le maréchal BUGEAUD, en lutte contre BEN SALEM et en 1856 le maréchal RANDON, au retour de l'expédition de Kabylie, s'arrêtèrent sur le plateau légèrement élevé qui devient ensuite Camp du Maréchal.
Le territoire de ce village fût constitué à la suite du séquestre sur les Sidi-Namane, les Chenacha et les Sidi Ali Bounab. Il fût donc décidé de créer un centre compact, capable de se défendre dans les premiers moments d'une émeute.
En 1880, une commission nommée par le gouverneur Général, était venue visiter les lieux et avait donné son accord pour le peuplement de la région.
Du reste, il n'eût été possible ni prudent d'y installer avant cette époque des colons européens Outre que les indigènes, sur lesquels ce territoire avait été séquestré, l'occupaient encore en grande partie et faisaient paraitre leurs troupeaux, non sans espérer vaguement qu'après quelques années de punition il leur serait restitué tôt au tard.
Les terrains du Camp du Maréchal, renommés pour leur fertilité, passaient pour malsains à cause des marais provenant des infiltrations de l'Oued Sebaou et des eaux stagnantes venant des montagnes ; le séjour en était dangereux.
Le peuplement par des européens exigeait donc des précautions toutes particulières, et il avait été convenu, dès le principe, d'abord avec l'amiral de Gueydon, ensuite avec son successeur le général CHANZY qu'avant d'y installer une famille, il était indispensable d'y exécuter sur une large échelle des travaux d'assainissement.
Le service des ponts et chaussées fit creuser dans la partie marécageuse de ce territoire tout un réseau de canaux à grande section, combiné de façon à capter toutes les eaux stagnantes de la région et à les conduire aussi loin que possible en aval de Sebaou.
Ce travail considérable fût exécuté par des ouvriers indigènes, ne fût achevé qu'à la fin de 1877 et ont eu soin, pour en assurer la conservation, de planter les bords de l'oued de ces canaux avec des arbustes capables de retenir les terres.
Ces mesures, très bien conçues, firent rapidement disparaître les eaux stagnantes.
Choix de l'emplacement du village Camp du Maréchal :
Les travaux d'assainissement terminer, il restait à choisir l'emplacement même du village. Ce qui, au point de vue de la salubrité avait une importance.
Mr le Comte d'Haussonvillers se transporta de nouveau en Algérie accompagné de Monsieur GUYNEMER et après avoir soigneusement visité le terrain avec un officier du génie ; le Général Richard, choisit, pour y établir les maisons du nouveau village, un plateau légèrement élevé situé à environ 500 mètres au sud de la route départementale.
En fait cet emplacement est précisément celui que le Maréchal RANDON au retour de son expédition de Kabylie, en 1856, avait choisi pour y établir son Camp. C'est du reste à cette circonstance qu'est dû le nom que porte ce territoire.
Mesures préparatoires et installation des colons :
Le choix de terrain une fois fixé, Monsieur le Comte d'Haussonvillers prit immédiatement des mesures pour assurer la construction des premiers maisons et l'exécution des travaux d'utilité publique, c'est-à-dire au nivellement et à l'empierrement des rues, à la création d'abreuvoirs et des fontaines etc…
Ce ne fut qu'après l'exécution des ces diverses mesures, dont les plus importantes étaient celles relatives à la salubrité, que la société crût pouvoir installer ses premiers colons dans le courant du mois d'octobre 1880.
En effet, dès 1889, un projet d'agrandissement du lotissement urbain est établi et en 1899, treize lots sont accordés à des fils de colons.
En 1922, dix nouveaux lots sont encore attribues.
En 1949, la commune achète le lot domanial 149 pour établir un nouveau lotissement. Des lots sont depuis concédés à tous ceux qui ont font la demande, sous réserve qu'ils ne possèdent pas d'habitation personnelle.
Les colons se bousculaient pour s'installer car la prospérité du centre du Camp de Maréchale n'est pas un vain mot.
C'est ainsi que Camp du Maréchal, fût fondé en 1878, par décret du 07 mars, mais les colons français commencent à l'occuper fin 1880 début 1881. A cette époque on dénombre 60 familles environ. Bien plus qu'à Bordj-Menaiel et Haussonvillers.
Ce dit décret porte notamment concession gratuite de toutes les plantations à la société de protection des Alsaciens Lorrains.
Ainsi, par décret du 13 mars 1891, Camp du Maréchal fût érigé en commune de plein exercice après sa séparation de la commune d' Haussonvillers
L'Algérie accède à l'indépendance en 1962. C'est alors que nos communes subissent une réorganisation qui :
Un premier décret n°63-189 du 16 mai 1963, paru dans le (J.ORA n°35 du 31 mai 1963 ramenait le nombre de communes de 1578 à 632 pour l'ensemble du territoire national.
Deux nouveaux décrets parus en novembre et décembre 1963 ont modifie sensiblement le nombre et structure des nouvelles communes.
Il s'agit des décrets N°63-421 du 28 octobre 1963 (J.ORA n°82 du 5.11.1963) et n°63.466 du décembre 1963 (J.ORA n°91 du 6.12.1963) c'est ainsi que le nombre de nouvelles communes après l'indépendance s'élève à 669 communes.
La fusion des douars Sidi-Ali-Bounab, Beni Chenacha et le centre du Camp du Maréchal donnait naissance à Tadmaït qui retrouve son nom en 1963 avec une superficie de 6366 ha . |